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LE SENTIER DES AFFLEUREMENTS DE L'ÉTANÇON

HISTORIQUE DU BASSIN HOUILLER

Le bassin minier de Ronchamp, quoique modeste, a fonctionné de façon régulière pendant 200 ans. Découvert dès 1750, grâce à des affleurements sur les sites de l'Étançon et du Chevanel au nord de RONCHAMP, il a été exploité d'abord par galeries jusqu'en 1815, ensuite par puits de plus en plus profonds et de plus en plus au sud jusqu'en 1958. La cité minière a vécu au rythme de ses mineurs qui furent jusqu'à 1500 employés. Après 1945, l'appauvrissement du gisement et sa faible rentabilité firent qu'on rechercha à nouveau le charbon aux affleurements, là où une première couche avait déjà été exploitée, mais où une deuxième couche avait été dédaignée.
Le circuit des affleurements vous montrera donc deux périodes différentes ; celle de 1750-1800 aux débuts de l'exploitation, principalement sur la première couche, et celle de 1950 à 1958 à la fin de l'exploitation sur la deuxième couche avec des travaux par galeries et un puits.
Ce sentier vous permet de retrouver les traces des premiers travaux et aussi celles laissées par les exploitants après la deuxième guerre mondiale jusqu’à la fermeture définitive en 1958.
De nombreux sites ont été réhabilités et remis en valeur par l’association et vous pourrez voir les couches de charbon à l’état naturel.

LE SENTIER DES AFFLEUREMENTS

C'est d'abord un sentier en forêt où vous côtoierez des plantations de mélèzes, de sapins ou des futaies de hêtres ou de chênes. Et avec un peu de chance vous pourrez peut être croiser le chemin d’un chevreuil, d’un renard,  ou autre animal de nos forêts.
Ce sentier de 3 Km environ ne présente aucune difficulté particulière et est accessible à tous (parcours de 1h30).

IMPORTANT : prenez de bonnes chaussures, le chemin pouvant être humide, et aussi une bonne lampe torche.

Il est interdit de pénétrer dans les galeries.

ACCÈS

Le sentier des affleurements commence au Mémorial de la Mine. Un balisage représentant les insignes du mineur (le marteau et le pic), des balises (flèche bleue) ainsi que des bornes numérotées et des pancartes vous guideront tout au long du parcours où 20 sites ont été répertoriés.

Deux tronçons de ce sentier sont empruntés par celui réalisé par le Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges et de la commune de Ronchamp où la signalétique est identique et a fait l’objet d’une édition particulière.
Renseignements : Office de Tourisme Rahin et Chérimont – Musée de la Mine Marcel Maulini.

Plan d'accès au sentier;Accès au sentier

Plan du sentier: Plan du sentier

Le sentier en images:Le sentier en images

1- LE MÉMORIAL DE LA MINE

Ce Mémorial a été conçu et réalisé par des bénévoles de l’association, les Amis du Musée de la Mine. Il a été financé par la commune de Ronchamp et par l’association avec l’aide d’une subvention des communes de Champagney et du Magny d’Anigon. Il est centré sur la borne dite ‘’seigneuriale’’ et représente un mini bassin houiller de 8 mètres de diamètre à l’image de celui existant sur les trois communes. Les puits sont représentés par des petits chevalements en béton qui sont répartis géographiquement avec à l’est, les 14 puits de Champagney, à l’ouest les 10 puits de Ronchamp et au sud les 2 puits creusés sur le Magny d’Anigon. Les 3 villes sont représentées par leur blason sculpté dans du grès rose des Vosges. Les rondins de béton de couleur brune symbolisent les bois de mines qui étaient en sapin. La surface intérieure a été garnie de morceaux de houille, récoltés dans les différents terrils du bassin.

Depuis fort longtemps, deux propriétaires se partageaient ce territoire : les barons de Reinach sont les propriétaires de la seigneurie de Ronchamp depuis le 16e siècle et l’Abbaye de Lure possédait la seigneurie de Passavant (Champagney) depuis le 13e siècle. Dès la découverte du charbon en 1750, ces 2 propriétaires obtiennent chacun une concession mais très vite, dès 1763 ils s’entendent pour exploiter à fond commun, le «charbon de terre».
La borne centrale (borne Saint Desle) séparant les deux seigneuries se trouvait auparavant dans le vallon de la Houillère où fut justement découvert le charbon. De chaque côté sont sculptées les armoiries des deux seigneuries (un blason et une crosse d’évêque).

A- LE CHEMIN DU TACOT

Au début des années 1900, ce sentier était parcouru par un petit train (tacot) qui transportait les bois de mine, depuis les hauteurs du Mont de Vannes (le Glissoire) jusqu'aux chantiers à bois de la houillère.

2- LE TERRIL DU FONÇAGE DE L'EST

Le plus important terril de l'Étançon montre qu'une grande partie de l'extraction de 1950 se faisait par cette galerie qui s'enfonçait régulièrement sur 200 mètres (nord-sud) jusqu'à 65 mètres de profondeur. Elle était équipée d'un treuil électrique pour remonter les wagonnets.

3- LA GALERIE CHOLLEY

C'est encore une galerie récente (1950 - 1958) qui partait des affleurements de charbon et exploitait un panneau de la deuxième couche à 30 mètres de profondeur. Elle s'enfonçait rapidement, avec une pente de plus de 30° et communiquait avec les autres galeries, dont le Fonçage de l’Est.

4- LE PUITS DE SECOURS

Cet entonnoir est situé à la verticale d’un montage de la galerie Fourchie, dont l'entrée est située à plus de 100 mètres à l'ouest au fond du vallon. Cette galerie recoupait le fonçage de l'Est et se prolongeait jusqu'à d'autres travaux vers l'est. Ce trou en partie comblé serait celui creusé par les sauveteurs pour essayer d’atteindre les 4 mineurs prisonniers dans un montage en cul de sac suite à un afflux massif d’eau le 16 décembre 1950.

5- UNE GALERIE ANCIENNE

Cette longue tranchée donne accès à une galerie creusée au début de l'exploitation houillère, vers 1760. Elle se dirigeait curieusement vers le Nord où les affleurements ne sont qu'à 60 mètres. Elle n'avait pour boisages que quelques perches horizontales dans des encoches taillées dans les parois.
L'entrée est actuellement en partie effondrée.

B- LA GALERIE DIDIER

De nouveau une galerie récente creusée à partir des affleurements de la deuxième couche. Elle partait horizontalement vers l'ouest. Plus loin, on découvre un trou impressionnant : c’est l’effondrement d’une galerie qui débouchait au jour.
Au fond du vallon, un petit ruisseau se perd dans le sol, rejoignant d’anciennes galeries.

6- LE FONÇAGE ROBERT

Cette galerie descendante a été creusée en 1951 dans la deuxième couche qui a ici un pendage de 30° environ. Elle a recoupé des vieux travaux de 1760. Utilisée d'abord pour remonter des wagonnets de charbon, on y a ensuite installé un ventilateur électrique pour renouveler et assainir l'air dans toute l'exploitation de l'Étançon. Un ancien treuil électrique de la région stéphanoise a été installé à son emplacement d’origine.
Aujourd'hui, cette galerie renforcée de cadres métalliques et solidement cimentée sur 15 mètres, permet de se rendre compte du pendage de !a couche de charbon et de contempler les alignements des bois en sapin complètement pourris. Un premier boisage a été reconstitué qui vous donne l'état de !a galerie avant le délabrement des bois et l'effondrement du toit. Un ancien treuil électrique a été installé sur l’emplacement d’origine
Attention : baisser la tête et la descente est difficile.

7- VIEUX TRAVAUX EN SURFACE

Ces entonnoirs alignés sur un affleurement montrent comment a pu être recherché le charbon dans les premières décennies après la découverte du gisement. Des petits puits peu espacés permettaient d'extraire le combustible jusqu'à ce que la nature instable du terrain et l'accumulation des eaux en interdisent l'approfondissement. Il fallait ensuite creuser des galeries. Cette extraction s'est faite sur la 2e couche exploitée. On retrouve cet alignement de vieux travaux une cinquantaine de mètres plus loin, à gauche du sentier.

C- INONDATION EN FOURCHIE

Près de ce lieu, à 30 mètres sous terre, s'est produit le dernier drame de la mine de Ronchamp le 16 décembre 1950. A quelques mètres au sud, existait un ancien puits, le puits Petit Pierre, qui à l'occasion de l'inondation s'est rouvert sur une vingtaine de mètres de profondeur. II a été à nouveau comblé avec 255 m3 de schistes. Le bouchon du puits Henri IV du hameaux de la Houillère s’est également effondré.

D- LE TRAVERS-BANCS DE L'ÉTANÇON

Appelé aussi « galerie au rocher » ou bowette, ce travers - bancs creusé dans le rocher passait sous les travaux du nord, et évacuait naturellement les eaux d'infiltration grâce à une faible pente.

E- LE PUITS SAMSON

C'était un petit puits (un des plus anciens de Ronchamp) de 20 mètres de profondeur, «11 pieds de long sur 5 de large ». Il était équipé d'échelles. Commencé en 1822, il a été rapidement abandonné à cause de l'affluence de l'eau et de la mauvaise qualité du charbon.
En 1952, le fonçage SAMSON était creusé en évitant ces vieux travaux noyés.

F- LA GRANDE RIGOLE D'ÉCOULEMENT

Une très longue rigole souterraine a été creusée à partir de 1783 pour recueillir les eaux des galeries. Quand celles-ci sont descendues à un niveau inférieur à cette rigole, à partir de 1815, il a été nécessaire d'installer des pompes à bras pour remonter l'eau jusque là. Elle deviendra ensuite inutilisable. Elle avait 1200 mètres de longueur, et allait du Chevanel jusqu'à l'étang Fourchie, et était maçonnée en briques. Elle donne à l'étang Fourchie une belle coloration rouille due à la présence de pyrite de fer dans le charbon de Ronchamp.

G- LA GALERIE DE DÉNOYAGE

Cette galerie s'enfonçait plus rapidement jusqu'au niveau des galeries les plus profondes (30 mètres). Elle était équipée d'une pompe pour remonter les eaux, mais celle-ci fut insuffisante lors de l'inondation du 16 décembre 1950.

H- LA GALERIE FOURCHIE

C’est au fond de cette galerie que s’est produit le dernier drame des mines de Ronchamp. Le 16 décembre 1950, un « coup d'eau » soudain, venu des anciens travaux supérieurs noyés, a envahi les galeries basses. 17 mineurs ont pu s'échapper, mais l'eau a surpris 4 mineurs dans une galerie montante sans issue. Malgré une mobilisation de tout le pays et l'installation de pompes en différents endroits, ces 4 mineurs n'ont pu être sauvés et ont été retrouvés le 22 décembre seulement.

19- LA GALERIE 780

Des sondages ont été effectués à cet emplacement en 1946. Cette galerie d'une longueur de 60 mètres environ a été creusée entre deux couches de charbon. On peut voir ces couches de chaque côté de l'entrée. Le charbon et les déblais étaient emmenés sur des chariots. Une petite voie ferroviaire les acheminait jusqu'au déversoir situé 100 mètres plus loin. Ils étaient ensuite dirigés vers le centre de triage du Chanois au sud de Ronchamp. Cette galerie a été remplie de rondins de bois sur quelques mètres avant d'être définitivement murée lors de la fin de l'exploitation en 1958.

17- LE PUITS N°13 BIS OU PUITS DE L' ÉTANÇON

Le dernier puits creusé à Ronchamp avait 44 mètres de profondeur. Équipé d'un chevalement, d'une machine d'extraction et d'un compresseur, il était terminé en 1950, mais la galerie qui devait rejoindre les travaux de Fourchie n'était pas achevée quand eut lieu l'inondation du 16 décembre 1950. Le charbon extrait était envoyé au centre de triage par camions.
A la fermeture de la mine en 1958, il fut comme tous les autres puits encore ouverts, rempli avec les schistes, puis muni d'un tampon de béton circulaire avec au centre une borne qui indiquait son nom et ses dimensions.

I- LA STÈLE

Cette stèle a été élevée en mémoire des 4  mineurs victimes de la mine du 16 décembre 1950.
Elle a été inaugurée le 16 décembre 2000 pour le cinquantenaire de la dernière tragédie.

18- LE PLAN GRISEY N°3

Cette galerie n'a pas servi à l'exploitation du charbon mais a été creusée depuis le bas pour servir d'issue de secours après l'accident de la galerie Fourchie en 1950. Elle descend très rapidement pour rejoindre les anciens travaux de 1820 situés de l'autre côté du petit vallon. Il semble que cette galerie ait été utilisée par les derniers mineurs pour rentrer plus tôt dans leur foyer.

J. ANCIENS TRAVAUX EN SURFACE

Un nouveau saut dans le passé vous permet de retrouver les traces d’une galerie effondrée avec sa tranchée d’accès dirigée vers le sud.
Ces anciens travaux en surface ont fait le bonheur des renards et des blaireaux.

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